Oh la la ! Que le temps passe, mais
il s’est passé tellement de choses depuis le dernier post : le voyage en Inde
d’abord, puis ensuite, le confinement dû au coronavirus, une parenthèse incroyable
dans le monde, et dont les conséquences se poursuivent encore au moment où j’écris, soit quelque 6 mois
après…
Mais il est plus que temps que je reprenne
mes écritures sous peine d’oublier ces voyages…..
DIMANCHE 3 MARS 2019
7- San Cristobal de las Casas
Nous lui achetons des stylos |
A
8h30, nous sommes déjà sur le pied de guerre, ce qui est fort tôt pour moi,
mais nous devons nous rendre au marché de San
Cristobal de las Casas le matin, moment le plus favorable, les Indiens
venant y vendre leurs légumes, fleurs ou volailles….
Mais pour l’heure, nous rencontrons deux
femmes Incas, dans le patio de l’hôtel. Elles sont bien chargées, avec des
dizaines de petits sacs très colorés pendus à leurs bras. Des pompons aussi et
des étuis de stylos Bic à personnaliser en fils de couleur, tout cela étant à
vendre pour quelques pesos mexicains. Bien sûr, nous leur en commandons aux noms
de nos petits enfants et leur achetons des petits sacs tout mignons.
Nous faisons une partie du chemin
ensemble….elle nous retrouvera plus tard pour nous apporter nos stylos….
Des Tzotziles |
Après avoir arpenté quelques ruelles, nous arrivons au marché en croisant une population bigarrée et variée composée d’enfants portant des sacs de légumes ou des paniers bien remplis, d’ indiens Totziles descendant des Mayas ou de Tzeltales en tenue traditionnelles, certains arborant en sautoir des poules ou des coqs vivants, tête en bas et attachés par les pattes, prêts à être vendus…
Le marché est vaste et l’abondance ainsi que la qualité des légumes sont évidentes. De bonne heure, les indiens descendent de leur montagne proche pour s’installer et y vendre leurs produits …
Couleurs, odeurs….
Les étals débordent : choux,
brocolis, piments, mangues, carottes, avocats, oignons, aulx, citrons, cactus
(pour les salades), mais encore, poissons, poulets, têtes de cochon entières,
saucisses ; et aussi, poteries ou sandales, fleurs, sans oublier la
céréale phare, symbole des mexicains : le maïs ! Celui-ci avec ses
quatre couleurs différentes, blanc, jaune, rouge, noir, est impeccablement
rangé dans de grands sacs en toile à même le sol.
Le marché... |
Toutes les couleurs du maïs |
Un régal pour les yeux…
Nous retrouvons notre vendeuse de
stylos venant nous livrer …
La Cathédrale |
…et nous rendons sur le Zócalo où se dresse, la Cathédrale de San Cristobal, dont la façade baroque massive ocre-jaune, ornée de motifs floraux, est du plus bel effet. Manifestement, nous ne pourrons pas la visiter car, entourée de palissades taguées, elle fait l’objet d’une restauration, c’est bien dommage ! Lui faisant face, une immense croix en bois.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette croix n’a rien de catholique, c’est la forme stylisée de l’arbre de vie maya, un symbole de fertilité symbolisant verticalement un « épis de maïs », fructifiant sur la branche horizontale qui se termine par des bourrelets ronds représentant le Soleil et la Lune…..
Dans le Chiapas, la vie semble dure ; le plus frappant est sans doute le nombre de marchands ambulants. Des dizaines de femmes parcourent infatigablement cette place et les rues alentours pour proposer insectes grillés, bracelets ou lainages traditionnels à des prix dérisoires, quand ce ne sont pas des vendeurs de boissons fraîches ou des cireurs de chaussures d’à peine sept ou huit ans….
Vendeur ambulant |
Vendeuses de lainages |
Eglise San Domingo |
Ailleurs dans San Cristobal, nous passons devant l’Eglise San Domingo dont la façade richement sculptée, voire surchargée, fait honneur à l’art mexicain.
Nous déambulons maintenant dans le marché artisanal de San Domingo. C’est un véritable labyrinthe de kiosques vendant textiles, bijoux, vanneries et broderies fabriqués par les artisans de la ville et des alentours. Nous en profitons, devant tant de couleurs, pour faire quelques achats de petits cadeaux…
Mais il n’est plus l’heure à la
flânerie, Saul nous rappelle à l’ordre, nous devons prendre la route pour
8- Zinacantán ou littéralement « Pays des Chauve-souris »
Située à 2000m d’altitude, c’est une
petite ville de 30 000 habitants fière de ses racines mayas Tzotziles. Les
femmes y sont spécialisées dans le tissage très coloré des tissus qui serviront
à la fabrication des costumes traditionnels, de grands châles aux motifs
floraux.
Démonstration de tissage |
A peine arrivés, nous sommes
« accueillis » par des enfants habillés de noir, coiffés d’un bonnet
aux couleurs du Mexique et portant le masque blanc des Anonymous ; Il se
passe quoi à Zinacantán ????
Bon allez, hop hop hop, nous sommes
attendus dans un atelier de tissage :
Une jeune fille est à genou et assise sur ses talons ; elle commence une démonstration de tissage sur un « métier de ceinture » (telar de cintura) : les fils verticaux de la chaîne sont maintenus tendus entre deux points. L’un est fixé en hauteur (généralement un arbre) tandis que l’autre, plus bas, est relié à une ceinture que la femme, agenouillée sur le sol, passe derrière ses reins pour en contrôler la tension. Une ou deux barres d’écartement séparent les deux nappes de fils et permettent de passer la navette dans un mouvement en 8….
Toutes les couleurs du Mexique |
Le geste est sûr et rapide. On voit que la pratique est déjà ancienne, alors que la jeune fille n’était encore qu’une enfant… Bien sûr, on tente de nous vendre des coupons de ces jolis tissus aux motifs floraux essentiellement roses, mauves, bleus sur fond noir….les couleurs de Zinacantán.
Cérémonie de mariage |
Nous déclinons, il est l’heure de passer à table, mais auparavant, nous devons revêtir la tenue traditionnelle d’une cérémonie de mariage : Jean-Mi et Jeannine seront les mariés, Georges et moi, les parents !!!!! Eh bah je peux dire que nous avions une allure….certaine ! J’ai perso l’impression que l’on a plié en quatre une serviette sur ma tête Hi hi hi !!!!
Après le repas de spécialités
mexicaines et commençant comme d’hab par une petite souplette, nous serons
initiés à la fabrication de tacos
(tortillas ou galette de maïs pliée ou roulées et contenant souvent de la
viande, des oignons, de la sauce et se mangeant avec les doigts)
Cuire les tacos |
Au centre de la cuisine rustique en terre battue, un foyer surélevé est installé, juste à la hauteur de la cuisinière qui opère, agenouillée sur le sol. Le feu est entouré de trois grosses pierres servant à supporter le plateau de cuisson sur lequel cuiront les galettes de maïs…
Ca brûle les doigts ! |
Les tacos non cuits attendent empilés dans une boîte hermétique : il ne faut pas qu’ils se dessèchent. La femme, à main nue, les manipule pour les déposer et les retourner, puis s’assurant que la cuisson soit optimale, elle les mettra en pile régulière sur une couverture tzotzile afin de les maintenir au chaud…. En final, c’est comme nos crêpes de la chandeleur, la poêle en moins !!!!
Il est temps maintenant de reprendre nos visites….
Eglise San Lorenzo, le kiosque et les 3 croix mayas |
… nous traversons la rue pour nous rendre à l’Eglise San Lorenzo, combinant rites catholiques et païens. Une visite rapide où les photos sont interdites ; je me rabattrai alors sur le kiosque et les trois croix mayas peintes en vert et lui faisant face, érigées sur le parvis….
Faire le tour du village ne nous à pas
pris beaucoup de temps ; nous remontons dans notre van et filons en direction de
9- San Juan de Chamula
Eglise San Juan Bautista |
Pourtant, une fois entrée à l’intérieur de l’église San Juan Bautista de Chamula, tout de suite nous sommes frappés par l’ambiance : un syncrétisme religieux surprenant, entre éléments catholiques et croyances mayas, y règne en maître, c’est évident !
L’église a entièrement été vidée de ses bancs et
de ses chaises, des statues de saints catholiques (portant tous des miroirs
pour que l’on puisse y voir le reflet de notre âme) sont sagement alignées le
long des murs sur des tables. Des aiguilles de pin odorantes jonchent le sol,
les flammes de milliers de petites bougies sont autant d’ilots de lumière dans
la pénombre ambiante, bougies disposées également sur des tables ou à même le
sol. Une odeur d’encens flotte dans l’air et me rappelle les fêtes religieuses
de mon enfance… une femme est agenouillée et entame un étrange lithanie ;
ailleurs, on invective les dieux qui n’exhaussent pas les vœux, on sacrifie des
poulets, on boit du soda et on rote pour extirper le mal qui était en soi, un chamane
s’adonne à un rituel …..
Les fidèles, en famille ou seuls, sont assis sur
le sol ou allongés, égrainant des prières à hautes voix…
En fait, les tzotziles
pratiquent leur religion en utilisant les symboles du culte catholique,
religion importée par les jésuites espagnols….
Une ambiance saisissante, il faut bien le
dire !
Le cimetière de Chamula |
Ah mais si…..le cimetière a échappé à la
règle et les clichés seront les seuls pris à San Juan de Chamula !
Un drôle de cimetière, il faut bien le
dire : des monticules de terre au pied d’une église en ruine, des croix
rudimentaires bringuebalantes bleues, blanches ou noires, des branchages marron
et racornis qui seront remplacés lors de la prochaine fête des morts en
novembre….
10- Retour à San Cristobal de las Casas
Il y a spectacle sur le Zócalo |
En retournant sur le Zócalo, nous allons nous plonger dans
l’âme du Mexique, attirés par un attroupement et de la musique… Intrigués, nous
nous approchons pour découvrir des danseurs - oh joie J !!! - et musiciens dans un spectacle
de rue improvisé. Nous restons là à les regarder et mon Panasonic Lumix n’est
évidemment pas en reste….mais bientôt une autre musique se fait entendre. Elle
vient du kiosque un peu plus loin : un orchestre, composé d’un saxophone, d’une
batterie, d’une guitare et d’un immense marimba
(on peut y jouer à trois) !!!!
De la famille des percussions, le marimba qui est originaire d’Afrique mais a émigré en Amérique Latine, ressemble à un xylophone, tant dans sa technique de jeu que dans son apparence. Il a deux rangées de lames en bois sur lesquelles le marimbiste ou le percussionniste frappe avec des mailloches. On le différencie grâce à ses tubes en métal placés sous les lames en guise de résonateurs et qui sont plus longs que ceux du xylophone.
Un orchestre bien sympa ! |
Six musiciens entament un concert ; nous nous installons sur des chaises pour profiter plus longuement de cette belle occasion. Les morceaux s’enchaînent et nous sommes aux anges…un instant de grâce dans ce pays lointain, là-bas au Mexique… Nous finirons par acheter le CD….
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